Table ronde : Définissons le Hopepunk

:chair: Tables rondes : Définissons le Hopepunk
:round_pushpin: à l’Antenne Noire, Rue du Marais 1, Bruxelles 1000,
:eleven_o_clock: le jeudi 2 octobre entre 16h30 et 18h30
:fire: si il n’y pas d’expulsion avant
Hope Punk
:radio: retransmission radiophonique

Le hopepunk (composé des mots anglais hope, signifiant « espoir », et punk) est un sous-genre des littératures de l’imaginaire, qui est conçu comme l’opposé des dystopies des sous-genres grimdark et cyberpunk. Les œuvres de ce sous-genre traitent de personnages qui luttent pour un changement positif, en coopérant avec une solidarité et une bienveillance radicales pour apporter des solutions communautaires aux problèmes.

Wikipedia, Hopepunk, https://fr.wikipedia.org/wiki/Hopepunk, 23/09/2025

Le Hopepunk est un genre naissant, sa définition est donc encore instable.
Lors de cette table ronde, nous discuterons des différents enjeux liés à cette définition et nous chercherons à contribuer à la page francophone wikipedia de Hopepunk.

Avec Elio Possoz (La Volte) ; Guillaume Volant (La 29ème Dimension) et l’équipe d’Eukairos.

topic en wiki (modifiable)
Pistes pour la table ronde:

  • Présentation de la 29ème dimension et de Elio Possoz
  • Présentation du Hope punk
  • Présentation de la page francophone wikipiedia Hope punk (structure, historique, autres langues,…)
  • les enjeux et controverses de définition :
    – les enjeux technologiques ; solarpunk VS hopepunk
    – Cottagecore VS récit de lutte
    • désirable pour qui? repolitiser la def via l’anti-autirarisme du punk.
  • Contribuer à la page wikipedia (to do liste , s’organiser sur le forum?

J’aimerais que nous abordions les enjeux technologiques du Hopepunk dans la sf.

J’espère que ce genre peut devenir une réponse et une alternative au Solarpunk, qui se développe de plus en plus dans les récits d’imaginaires qui se veulent désirables et qui peut véhiculer du technosolutionnisme.

Si le récit n’explicite pas le cycle de vie des technologies spéculées, imaginer des utopies solarpunk peut faire le jeu de l’impossible capitalisme vert et perpétuer l’extractivisme.
D’où viennent les matières premières de ce vaisseau spatial? de ces panneaux solaires? qui les produisent et pourquoi? où sont-elles recyclés?
Il faut ouvrir les boites noires pour ne pas spéculer des technologies dont le cycle de vie perpétue des rapports capitalistes, extractivistes et coloniaux.
Pas du tout, dans nos communautés nous recyclons les décharges du capitalisme tardif pour fabriquer nos technologies! Ce recyclage ce fait en autogestion par différents groupes locaux.
Ok, la dérive extractiviste des récits solarpunk peut être évitée en ouvrant les boites noires technologiques. Mais les utopies solarpunk restent technosolutionnistes, en mettant les énergies renouvelables au centre des changements de sociétés.
Le hopepunk en se centrant sur “personnages qui luttent pour un changement positif, en coopérant avec une solidarité et une bienveillance radicales pour apporter des solutions communautaires aux problèmes”, est une alternative au technosolutionnisme du solarpunk. J’ai l’impression que c’est pertinent de mettre en évidence les liens entre hope punk et solar punk.

Sans référence, dans le premier paragraphe de la page wikipedia francophone de solarpunk :

…(tout comme le genre hopepunk, dont le concept a été proposé et défini peu après l’émergence de celui de solarpunk).

Pour référencer ce passage, j’aimerais écrire un article sur le sujet. Je n’ai pas encore d’idée d’où le publier.

Ma principale critique envers le solar punk est qu’il ne questionne pas le besoin d’une énergie infinie. Il se contente d’explorer la possibilité que nous ayons une autre source d’énergie que le pétrole. Les paneaux solaire comme les éoliennes ont besoin de terres rares et de leur mines, i.e. un monde capitaliste uniquement basé sur les énergie dites renouvelables est tout aussi délétère qu’un monde capitaliste basé sur le pétrole. Le fait qu’il y ait potentiellement moins d’émission de gaz à effet de serre n’est pas souhaitable si c’est pour qu’il y est une polution de toutes les napes fréatiques de la planète. De plus, aucune nouvelle énergie n’a jamais suprimé l’utilisation des anciennes énérgie. On conssome plus de charbon en 2025 qu’au XIXème : les nouvelles sources d’énergies décuplent les capacités du capitalisme à consommer de l’énergie, elle n’améliore en rien la réalité de ceuli-ci. C’est le besoin vorace d’une énergie infinie (et donc magique ?) du capitalisme et des univers de SF qui m’inquiète.

Parce que je crois au au pouvoir des imaginaire et que je m’inquiète de l’utilisation de la SF comme outil de propagande, l’engouement pour le solar punk me paraît un pièges.

Steam punk, cyber punk, solar punk → chantier des imagiaires qui explorent les mondes possibles autour de la contrainte d’une soure d’énergie principale et/ou d’une technologe principale. Est-ce que c’est un prolongement du technosolutionisme chère au “progrès” de notre capitalisme tardif ?

Hope punk → chantier de narration qui explore les mondes dont on ne présuppose pas les caractéristiques techniques et énérgétiques. La contrainte des univers du hope punk c’est d’explorer des mondes désirables d’un point de vue anti-capitaliste, féministe, anti-raciste et décoloniale. Il y a donc un renversement : quelle organisation socio-technique permet/construit un monde désirable ?

je dis avec mots ce que tu cites ici :

Hello ! Content d’être ici et ravi de participer à imaginer des trucs avec vous la semaine prochaine.
Histoire d’apporter un cailloux au schmillblick, j’ai envie de parler depuis le point de vue de la SF : qu’est-ce qu’on en fait à partir du moment où on bazarde l’énergie abondante et l’extractivisme tranquille ? La notion que je trouve chouette pour résumer ce qui fait la SF, c’est le “novum” (que j’emprunte à je ne sais plus qui) : l’élément “nouveau” dans l’imaginaire qui justifie qu’on projette lou lecteurice dans un ailleurs temporel (voire spatiale). Et je pense que ça a une certaine efficacité narrative qui permet l’évasion. Alors on peut toujours discuter de la nécessité de cette évasion (ou escapism en anglais, qui dit aussi quelque chose de ce que fait la fiction : on s’échappe, on se casse hors de l’ici et maintenant). Bref : est-ce qu’on veut des nova et, si oui, lesquelles ?

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Bonjour et merci pour votre accueil sur ce forum !

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Reposer la problématique technique…

L’utopie, c’est la Flotille qui porte de l’aide humanitaire à Gaza pour passer outre la complicité des États ; la réalité ce sont les forces d’occupation qui diffament l’initiative citoyenne en la nommant terroriste, qui brouillent les communications, qui interceptent les vaisseaux, kidnappent les équipages et les déportent, tout en clamant la « défense » et la « légalité du blocus naval »… Où se place le Hopepunk dans cet espace, qui ne soit ni de l’évasion (escapism) ni de la naïveté ?

En d’autres termes, le Hopepunk est-il une alternative au Solarpunk?

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un copier coller d’un article du Monde (payant):

Quand la science-fiction abandonne les récits de fin du monde pour un optimisme subversif

Alors que la fiction est rattrapée par une réalité anxiogène, des courants nés sur la Toile pensent l’avenir d’un genre un peu fatigué par les dystopies et cultivent les graines de la néorébellion. « Now Future ! »

Printemps 2020 : alors que 4 milliards de personnes se sont barricadées pour échapper à la contamination galopante d’un virus apparu quelques mois plus tôt, les écrivains de science-fiction réfléchissent à l’avenir du genre. Les récits dystopiques qui prolifèrent depuis la seconde moitié du XXe siècle, du roman 1984, de George Orwell, à la série Black Mirror, saturent l’imaginaire collectif et peinent à dépasser le réel.

« La science-fiction avait pour fonction d’alerter les époques fascinées par le progrès. Maintenant que tout le monde a très peur, elle doit prendre le contre-pied, constate l’autrice de science-fiction et de fantasy française Catherine Dufour. Il y a un avenir à construire, même si, pour le moment, il a une gueule d’accident de voiture. »

Rejet de la résignation

Dans les interstices du Net, depuis quelques années, des mouvements et collectifs repensent l’imaginaire. Ils se nomment « hopepunk », « solarpunk » ou encore le collectif « Zanzibar » et travaillent à revitaliser les représentations du futur. Derrière leurs claviers, ils opposent au mythe de l’effondrement un espoir lucide, rejetant utopisme béat et résignation.

« Il y a un avenir à construire, même si, pour le moment, il a une gueule d’accident de voiture », Catherine Dufour, autrice

Fable fondatrice des récits religieux, l’apocalypse est passée, en cinquante ans, du statut d’artifice littéraire et métaphysique à celui de projection rationnelle. Dès lors, le pouvoir de conjuration des récits dystopiques s’assèche. La fin du monde est devenue banale, au risque de paralyser le corps social : « Les gens déprimés par le réel n’agissent pas », commente Catherine Dufour.

De Fahrenheit 451, de Ray Bradbury, à La Servante écarlate, de Margaret Atwood, c’est l’apathie qui condamne les sociétés humaines. « Le XXe siècle a produit essentiellement des œuvres du “plus jamais ça”. Or, si la peur avait marché, ça se saurait. Cette littérature dystopique, c’est aussi l’histoire d’un échec », diagnostique Mireille Rivalland, éditrice et cogérante des éditions L’Atalante.

La bonté, un acte de rébellion

En 2017, en écho à ce constat, l’Américaine Alexandra Rowland conceptualise l’étiquette « hopepunk » sur la plate-forme de microblogging Tumblr, quelques mois après l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Le genre, formulé en réaction à l’omniprésence du nihilisme dans les fictions contemporaines, conçoit la bonté comme un acte de rébellion. Exit le fatalisme du XXe siècle, place à un optimisme armé, déniaisé et lucide. Une philosophie politique qui fait écho aux élans du mouvement Extinction Rebellion et aux manifestations étudiantes pour le climat. « On est passé du feel-good au punk, parce qu’il y a eu Greta Thunberg », observe Mireille Rivalland.

« On a bouffé de l’anxiogène jusqu’au haut-le-cœur, j’avais envie de lectures qui proposent des visions constructives et qui redonnent de l’espoir », explique Lalex Andrea, l’une des premières blogueuses à avoir écrit sur le sujet. « On peut avoir la tête dans les étoiles et les pieds sur terre », résume l’artiste nantaise multicasquette. Une promesse que tient la romancière américaine Becky Chambers, dont la série Les Voyageurs (L’Atalante) renouvelle le space opera et préfigure les potentialités du genre.

Etre hopepunk, c’est regarder les injustices dans les yeux et continuer à croire qu’on peut les vaincre. « C’est un travail sans fin, salissant, qui sent la sueur et qui brise le dos, prévient Alexandra Rowland dans un essai aux airs de manifeste publié sur le site Festive.ninja (« One atom of justice, one molecule of mercy, and the empire of unsheated knives », non traduit). Il n’y a pas de preux chevalier qui attend dans les coulisses pour tuer le dragon. »

A une époque où le cynisme se veut l’élégance des lucides, le hopepunk n’a pas manqué de faire ricaner. « Vœu pieux », « ersatz mièvre du cyberpunk », « microesthétique aux ambitions marketing »… Des blogueurs outre-Atlantique ont débattu. « Quand vous espérez, vous ne vous soumettez pas », répond Alexandra Rowland. A contre-courant des impératifs productivistes, la joie, le rêve et le lien social cultivent les graines de la rébellion. « La résistance non violente aussi s’enracine dans la rage », écrit la trentenaire.

Mondes verticaux et esthétique Art nouveau

Cousin éloigné, le « solarpunk » revendique également un optimisme radical, sans angélisme, et défend l’idée d’un futur plus désirable. En cherchant des solutions à l’échelle locale qui allient l’homme, la nature et la machine, le solarpunk propose des mondes verticaux alimentés par des énergies solaires, où la communauté est reine et l’esthétique Art nouveau. Enraciné dans l’écologie sociale, le solarpunk prône une utilisation ingénieuse de la technologie et s’inscrit dans le do it yourself érigé en mode de vie par les mouvements punk.

A l’image du hopepunk, le genre s’est affiné sur Internet avant de se constituer en mouvement. Né en 2008, il faut attendre 2012 pour que le terme se démocratise avec la publication d’une première anthologie au Brésil, Solarpunk – Historias ecologicas e fantasticas em um mundo sustentavel (« Solarpunk. Histoires écologiques et fantastiques dans un monde durable », Editora Draco, non traduit). « Le but du solarpunk est de déprogrammer l’apocalypse », résumait l’artiste et théoricien britannique Jay Springett, il y a deux ans, au Het Nieuwe Instituut de Rotterdam (Pays-Bas).

De quoi briser le cocon feutré de la sidération. Le changement climatique aura de lourdes conséquences dans les années à venir, mais, pour les gérer, le solarpunk préfère l’huile de coude à la baguette magique. Porté sur les réseaux sociaux par une communauté enthousiaste – le forum Reddit « Solarpunk-Hope for the future » compte près de 19 000 abonnés –, le mouvement reste pour le moment plus présent sur Internet que dans les librairies.

Puissance d’action

Ce combat pour une revitalisation du futur s’enracine aussi en France, où une poignée d’auteurs conjuguent science-fiction et politique dans un esprit proche de celui du hopepunk et du solarpunk.

Depuis quelques années, Catherine Dufour, lauréate du prix Imaginales 2020 (Danse avec les lutins, L’Atalante, 2019), s’interroge : « J’avais dix ans d’avance, et je me suis mise à avoir six mois de retard, la science-fiction a du mal à aller aussi vite que la science. »

En 2006, l’idée germe d’écrire un recueil de nouvelles utopistes avec Alain Damasio, auteur des Furtifs (La Volte, 2019). De cet élan naîtra, huit ans plus tard, le collectif Zanzibar qui rassemble des auteurs et autrices de science-fiction « convaincus que nos avenirs – communs et individuels – nous appartiennent, et que nous avons le pouvoir de les imaginer, de jouer avec, de les expérimenter et de les construire à notre guise ». Leur mot d’ordre : « désincarcérer le futur ». Une manière de rendre à chacun sa puissance d’action.

« On est dans l’ultracontemporain. Internet a permis l’émergence de ces flashs, maintenant, ces images vont s’organiser dans une pensée plus construite », Natacha Vas-Deyres, enseignante-chercheuse à l’université Bordeaux-Montaigne

Genre littéraire, état d’esprit, esthétique, itinéraire, attitude politique… Ces mouvements et collectifs se transforment en bannières de ralliement. « Ce sont deseu-topies– des utopies où l’on va pour tenter d’être bien –, plutôt que desou-topies– des lieux qui n’existent pas », analyse Natacha Vas-Deyres, enseignte-chercheuse à l’université Bordeaux-Montaigne, spécialiste des fictions d’anticipation.

« La SF a toujours été une littérature de l’espoir. Mais, jusque-là, elle nous a principalement proposé de la survie. Or, le tournant qui arrive, c’est le passage à la vie », pressent Mireille Rivalland. Alors que la science-fiction cherche un nouveau souffle, ces mouvements prennent discrètement de l’ampleur. « On est dans l’ultracontemporain, dans la phase de création. Internet a permis l’émergence de ces flashs, maintenant, ces images vont s’organiser dans une pensée plus construite », observe Natacha Vas-Deyres.

Si ces élans sont porteurs de promesses nouvelles, ils s’enracinent dans l’histoire de la science-fiction. Ernest Callenbach n’a pas attendu ces aspirations antidystopiques pour écrire Ecotopia (1975 ; Rue de l’échiquier, 2018), roman visionnaire qui esquissait, il y a quarante-cinq ans, une utopie écologiste ; ni Gene Roddenberry pour créer le space opera télévisé Star Trek.

Qu’est-ce qui a changé depuis ? Les lecteurs. « La jeune génération associe la vie de la société à celle de la planète. Elle est en train de concrétiser ce qu’a toujours fait la science-fiction : penser au niveau de l’espèce. » Une tendance précipitée par le Covid-19 ? « Cette période va déclencher un nouvel imaginaire », se risque Natacha Vas-Deyres. « La pandémie nous a démontré qu’il était possible de faire autrement. La SF nous le dit depuis des décennies », confirme Isabelle Lacroix, professeure à l’Ecole de politique appliquée de l’université de Sherbrooke (Canada).

Il faudra sans doute attendre quelques années pour voir se développer cette littérature de l’espérance, antidote au présentisme diagnostiqué par l’historien François Hartog. Cette « tyrannie du présent », maladie du siècle qui nous déracine et nous coupe de l’avenir.

Grand oublié de la philosophie, réhabilité par le penseur allemand Ernst Bloch, l’espoir existe dans ce territoire du « non encore advenu » (Noch-Nicht). Un territoire dont s’empare la science-fiction. « Tout partira de ce qu’on est en train d’imaginer maintenant », conclut Catherine Dufour.

Elisa Thévenet

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